Art numérique | Science | Cartographie

Sylvain Herubel

Entre Land Art et Cartographie

Naviguant en permanence entre l'Art et la Science mon travail est articulé autour de la robotique, l'imagerie numérique et la modélisation en explorant les interactions Homme/Machines/Nature.

Les Orthophotographies

Depuis l’avènement des “aéronefs télé-pilotés”, couramment appelés “drones” pour le grand public j’ai photographié et cartographié de grandes bandes de littoral, parfois seul avec mes propres aéronefs, quelquefois accompagné par Raphael Bria ou Nicolas Braquehays dans le cadre de missions commandées à la société Panormandic, spécialisée dans le travail par drone et qui a opéré entre 2011 et 2017 sous différents statuts (Collectif d’indépendants, puis SARL).

Les Orthophotogaphies ne sont pas des photographies à proprement parler, ce sont des modèles numériques en trois dimensions restitués en deux dimensions sans aucune perspective. Ces images sont obtenues par l’analyse et l’assemblage de plusieurs centaines de photographies réalisées avec des drones fabriqués sur mesure et programmés avec des outils Open-Sources, détournant les outils de la cartographie scientifique et participant ainsi au développement communautaire de la démocratisation des technologies.

Les Orthophotographies racontent l’histoire du monde à travers la perception du temps, c’est tout un pan de la genèse de la Terre qui se révèle par la lisibilité des failles, des fractures ou des accumulations de matériaux. A l’abstraction provoquée par le changement de perspective et d’échelle vient s’opposer un surréalisme des détails, des lignes de relief et des matières au sol. Souvent les paysages sont familiers mais ne se révèlent qu’au prix d’une certaine concentration, certains repères apparaissent, donnent une échelle et offrent un accès à une autre perception de l’image.

Il y a toujours une recherche de l’absence de l’eau et de la révélation de son action sculpturale à différentes échelles temporelles. C’est une exploration des cycles, une sortie de notre temporalité humaine pour intégrer des cycles géologiques et biologiques où l’érosion n’a plus le même sens. La technologie est ici au service du Naturalisme, c’est un hommage à la puissance et à la beauté de la nature et une invitation pour chacun à se connecter à son environnement.

Mon travail se veut scientifique, donc rigoureux et reproductible et sachant répondre à un cahier des charges mais j’utilise aussi un certain espace de liberté dans le choix du moment, de la lumière, du cadrage ou de l’orientation. Toutes les images ne sont pas expliquée, je laisse le spectateur libre d’interpréter ce qu’il voit en fonction de ses perceptions et de ses connaissances, qui peuvent évoluer tout au long de la visite.